Histoire de la Médecine à Toulouse

L’Université de Toulouse fut créée en 1229. Elle comportait 3 facultés. La Théologie, le Droit, les Arts incluant la Médecine. La chirurgie apparaît toutefois mais au 16e siècle avec une chaire. L’Edit de 1707 fixe les études en trois actes sur 3 ou 4 ans. Bachelier-Licencié-Docteur.
La Faculté de Médecine est reconstruite en 1600 au N°30 de la rue des Lois, anciennement rue des Pénitents gris. Elle est située dans le quartier latin de Toulouse prés de l’Université rue des Lois. Son nom et les blasons des Capitouls de Toulouse étaient gravés sur une frise de pierre. Elle comportait 5 chaires à la fin du 18e siècle. Anatomie-Chirurgie-Chimie-Botanique et Médecine. Pr. Dubernard-Gardeil-Dubor-Perolle-Arrazat. 57 étudiants la fréquentaient en 1787. Toulouse comptait alors 33 médecins pour 109 chirurgiens.

La Chirurgie au 17e et 18e siècle sous l’Ancien Régime

• Corporation des Chirurgiens Barbiers

Il existait à Toulouse un amphithéatre de dissection dans une tour du Rempart du pré Montardy.
Archives de la Bibliothèque des Universités.
Nombreux manuscrits des statuts des Compagnons en Chirurgie.
Registre des statuts de la corporation de 1596.

• École Royale de Chirurgie

1731, création de l’Académie Royale de Chirurgie.
1742, sous Louis XV, séparation des Chirurgiens de la Corporation des Barbiers.
1761, création à Toulouse de l’Ecole Royale de Chirurgie hors de l’Université comptant 6 chaires.
Principes-Opérations-Matières médico-chirurgicales-Maladie des os -Anatomie-Accouchements.
300 à 400 élèves sont inscrits à la fin de 18e siècle.
Trés nombreux chirurgiens à cette époque, un ou plusieurs dans chaque village.

• Hôpitaux – Hôtel Dieu St Jacques et St Joseph de la Grave

Sans rapport avec la Faculté de Médecine mais en relation avec l’Ecole Royale de Chirurgie.
Leurs professeurs y enseignent, pratiquant des dissections et formant des garçons chirurgiens.
Aide Major, puis chirurgien Major de l’hôpital, tel Alexis Larrey et son neveu Dominique.

1788 Les Cahiers de Doléances ( concernant aussi la médecine )

Expression d’un désir de réforme mais modéré.
• Enseignement plus long et plus sérieux.
• Moralisation et règlementation de la profession.
• Rapprochement Faculté-Hôpital

Le Docteur Calès de Toulouse sera élu du Tiers Etat et siègera aux Assemblées successives, auteur d’un projet pour la Médecine.

Diderot déclarait : « Le jeune médecin ne devenait habile qu’à force d’assassinats »

Révolution de 1789 Destruction-Reconstruction-Réunion-Médecine-Chirurgie


L’Assemblée Constituante 1789-1791

Elle a eu un effet destructeur progressif et indirect mais en même temps, début de reconstruction.

Sur le patrimoine tout d’abord :
Loi du 4 août 1789 : abolition des privilèges et des droits féodaux.
Loi du 2 novembre 1789 : vente des biens nationaux.

Ainsi les ressources financières du Collège de Chirurgie et de la Faculté de Médecine sont taries car les revenus de leur biens, Métairie de Trebons…
Rentes de maisons à Toulouse sont supprimées assimilées à des biens nobles ou ecclésiastiques.

Sur les Professeurs ensuite:
Loi du 27 novembre 1790 : le serment de fidélité à la Nation, à la loi et au Roi est exigé au clergé mais aussi aux élus et par assimilation aux enseignants et professeurs.
Le 26 avril 1791 la Faculté de Médecine prête serment en bloc.
Mais l’Ecole de Chirurgie est partagée : 3 prêtent le serment, 3 refusent dont le Professeur Bécane, celui-ci dut émigrer, ses biens saisis et vendus.

1790 1er projet du Comité de Salubrité Guillotin puis Talleyrand.
Création de 4 écoles de Médecine.
Paris-Montpellier-Bordeaux-Strasbourg.
Mais la Constituante n’a pas le temps de légiférer.

L’Assemblée Législative Oct.91 – Sept. 92

• Suppression des corporations, dont celle des chirurgiens.

• École de Chirurgie et Faculté de Médecine, sans ressource, sans professeurs et sans élèves.

• Mais deuxième tentative de reconstruction

L’institut Paganel du nom d’un député ou commissaire de Paris en mission à Toulouse.
Reprise du projet d’instruction publique de Guillotin puis de Condorcet.
Réunion dans un même Institut de l’enseignement de toutes les disciplines dont la Médecine et la Chirurgie.

« Faire table rase du passé pour faire de vrais républicains »

Cours publics gratuits.
Utilisation des anciens locaux de l’université.
99 professeurs recrutés dont Alexis Larrey, Anatomie-Accouchement et Guillaume Dubernard : Jardin des Plantes.
Mais par manque de ressources l’Institut Paganel ne dura que 2 ans.

La Convention de Septembre 1792 – Oct.95

• Abolition de la Royauté
• Mars 1793 vente des biens des Universités
• Sept.1793 suppression sur toute la République
Mais manque de chirurgiens pour les armées et nombreux charlatans.
1793 Alexis Larrey remplace Frizac, qui part pour l’armée des Pyrénées.

Aussi 3eme tentative de Reconstruction

1794 Création des Ecoles Centrales au nombre de 3 : Paris-Montpellier-Strasbourg dans le but premier de former des officiers de santé pour l’armée.
Plusieurs projets sont présentés en particulier par le docteur Calès et le Professeur Villar, ancien Professeur de Chirurgie et Maire de Toulouse.
On retrouve Alexis Larrey : Accouchement, Viguerie : Chirurgie pratique, Dubernard : Médecine.
Mais faute d’argent et de locaux et par concurrence des 3 écoles centrales les cours furent suspendus en 1796.
Toulouse toujours oubliée.

Le Consulat 1800-1804

14 novembre 1801 : Création de la Société de Médecine Chirurgie et Pharmacie de Toulouse.
5 praticiens la fondent Calmettes-Delpech-Dupourc-Montespan-Reverbel
Création d’un enseignement de Médecine et Chirurgie.
Récupération des anciens locaux de la Faculté de Médecine.
Reconnaissance par les autorités mais uniquement locales.

10 mars 1803 : Loi sur l’exercice de la Médecine

4eme projet du Professeur Fourcroy de Paris de l’ancienne Faculté des Arts.
Conseiller d’État à vie.
Directeur de l’Instruction Publique.
Enseignement unissant la Médecine et la Chirurgie.
Mais Toulouse oubliée.

L’Empire 1804

Le Professeur Alexis Larrey intervient auprès du Conseiller Fourcroy surtout auprès de son neveu Dominique Larrey, Baron d’Empire, Chirurgien en Chef des Armées.

Proposition du projet Fourcroy et des Statuts de la Société de Médecine de Toulouse à l’Empereur Napoleon I :

« Le Baron Larrey ami de l’Empereur se rappela qu’il avait appris dans la ville de Toulouse les premiers principes dans l’art de guérir.
Aussi, après le célèbre victoire d’Austerlitz l’Empereur ému du dévouement de Larrey lui dit :
Mais que puis je donc faire pour vous, qui faites tant pour mes braves soldats, vous ne demandez jamais rien !
Sire, c’est le rétablissement de la Faculté de Médecine de Toulouse, j’y ai fait mes études, Toulouse est presque ma ville natale.
L’empereur, séance tenante, dicta un décret à son secrétaire qui l’écrivit sur le champ de bataille un genou à terre sur un tambour. »

Cette petite histoire apparait véridique par ses suites immédiates !

1er Mai 1806 Décret signé au Palais de Schönbrunn à Vienne
Créant une École Impériale de Médecine de Toulouse.

Alexis Larrey, oncle de Dominique Larrey devint Directeur de l’École et Professeur d’Anatomie et Physiologie.
Duclos Opérations et Accouchements.
Dubernard Clinique Externe.
Tarbès Pathologie Chirurgicale.
L’École Impériale de Médecine et de Chirurgie de Toulouse fut inaugurée le 7 mai 1807.
Toulouse restera École jusqu’en 1891 redevenant alors Faculté.

Dominique-Jean LARREY
Chirurgien en chef des armées de Napoléon

 

 


Conclusion

La réunion de la Médecine et de la Chirurgie fut bien longue mais passionnante.
Le Baron Dominique Larrey eut bien une action déterminante pour la création de l’École de Médecine et de Chirurgie de Toulouse. Les chirurgiens nombreux au 18e siècle le furent bien moins au 19e siècle.
Spécialistes œuvrant surtout dans les Hôpitaux et les Armées.