La société de Médecine, Chirurgie et Pharmacie de Toulouse

Dans la tourmente révolutionnaire, la suppression de l’Ancien Régime avait fait disparaître la Faculté de Médecine de Toulouse et L’École Royale de Chirurgie de cette ville. Après la tentative avortée de la création d’un Institut d’Enseignement (Institut Paganel) un groupe de 5 praticiens parmi lesquels Mathieu Delpech, plus tard, Professeur à la Faculté de Médecine de Montpellier, et pionnier de la Chirurgie Moderne, fonde en 1801 « La Société de Médecine, Chirurgie et Pharmacie« .

Cette initiative de véritables précurseurs, avait un triple but, qui est celui, repris depuis, dans les Centres Hospitaliers Universitaires, à savoir : l’Enseignement, les soins et la Recherche. Parmi les personnalités dirigeantes de cette société apparaîtra Alexis Larrey, Chirurgien de l’Hôtel Dieu et oncle du fameux Baron Dominique Larrey, dont il avait été « le Patron ».

C’est essentiellement à partir de ses membres, que sera constitué le noyau dur des Professeurs de l’École de médecine. Les réunions mensuelles de la Société vont se dérouler régulièrement depuis cette date avec présentation d’exposés à visée pédagogique mais également avec présentation de communications scientifiques. Elle comprend 30 membres résidents, médecins, chirurgiens, pharmaciens, vétérinaires et un nombre illimité de membres correspondants.

Les archives de la Société, véritable trésor historique de la médecine toulousaine permettent de noter parmi les membres correspondants des grands noms de l’Histoire de la Médecine tels Bouillaud, Magenty, Rousset, Trousseau et bien d’autres. La société s’avèrera bientôt être le tremplin des futures élites de la médecine toulousaine. C’est en effet à sa tribune que les jeunes médecins hospitaliers présenteront leurs premières publications scientifiques. Ce rôle vis-à-vis des futures élites, la Société l’a concrétisé par l’attribution de prix tels le Prix Gaussail, le Prix Naudin et plus récemment le Prix Jacques Laporte institué à la mémoire d’un Professeur de séméiologie médicale qui a marqué de nombreuses générations d’étudiants. Ces prix sont décernés lors d’une séance publique annuelle.

La Société de Médecine fait partie des 6 Académies et Sociétés savantes désignées par Théodore Ozenne dans son leg de l’Hôtel d’Assezat à la ville de Toulouse pour y installer et entretenir ces assemblées. Cette fin de XXème siècle a vu le rôle pédagogique de la société diminuer mais elle reste active. Des réflexions sont formulées en son sein pour l’évolution des connaissances médicales et des pratiques de l’art médical.

Philippe Pinel faisant ôter les chaînes des aliénés de Bicêtre, à la fin de 1792

 

 

 

 

Le Musée de l’histoire de la médecine

En 1983, le musée d’Histoire de la médecine de Toulouse est créé grâce à son secrétaire général, Jean Charles Auvergnat. Celui-ci s’installe en l’Hôtel d’Assezat, dans les locaux de la Société. L’origine du fond :

• les collections personnelles du Professeur Jean Charles Auvergnat; des dons et dépots privés de médecins toulousains.
• des archives et documents de la Société de Médecine de Chirurgie et Pharmacie.
• des dépôts du musée Paul Dupuy, du musée du Vieux Toulouse, du musée des Augustins et du C.H.U de Toulouse.

L’agencement intérieur est dirigé par l’architecte Jacques Munvez, avec la bienveillante collaboration de Jeanne Guillevic, alors conservateur du musée Paul Dupuy et du musée Georges Labit. La mise en place des œuvres est effectuée par Dany Nadal, responsable de l’Atelier de Restauration de textiles du musée Paul Dupuy. Le musée de la Médecine ouvre ainsi cette demeure renaissance au grand public.

En 1991 l’espace occupé doit être restitué à la ville de Toulouse pour permettre l’installation de la Fondation Bemberg. L’installation du musée se fait alors dans de nouveaux locaux aussi prestigieux : l’aile Viguerie de l’Hôtel Dieu-Saint Jacques grâce à une convention établie entre le C.H.U de Toulouse et la société de Médecine. L’aide financière de la ville de Toulouse et celle de mécènes privés comme l’Association des Amis de l’Hôtel Dieu, les laboratoires pharmaceutiques Pierre Fabre, Rhône Poulenc, Pfizer, le service d’architecture du C.H.U mènent à bien la réalisation du musée. Elle sera coordonnée et dynamisée par Jean-Charles Auvergnat qui saura faire bénéficier chacun, de ses compétences non seulement en médecine et en histoire de la médecine mais aussi en muséologie et en Histoire de l’Art.